Je n'avais jamais rencontré ma famille maternelle. Voilà que treize ans d'absence et d'ignorance venaient d'être balayé, d'un seul regard. Ma mère, Esmé.
Toi, Ma Maman, celle qui m'avait manquée, celle que j'avais implorée lorsque mon père s'était éteint, lorsqu'il m'avait soufflé d'une voix faiblarde qu'il m'avait toujours aimé. Ces larmes, toutes ces larmes qui avaient dévalé mes joues t'étaient destinée.
Je m'approchai, alors que tu avais un geste de recul, décidée à ne pas me toucher. Ta famille, ces êtres magnifiques qui ne se ressemblaient que part leurs pupilles dorées identiques aux tiennes et de leur peau blafarde d'une texture lisse et soyeuse, tous me regardaient, immobiles statues de pierres d'une grâce inégalable. Je ne voulais pas mettre ce sujet sur le tapis, questions douloureuses et souvenirs déchirants.
Maman, pourquoi m'as-tu quittée le jour de mes quatre ans ? Cette interrogation arrogante qui me narguait, dansant entre mes larmes et ces quelques flashes de ma vie passée avec toi qui accaparaient avec un plaisir sadique mon cerveau. Les mots m'échappèrent, glissant entre mes lèvres sèches que je mordillais, habitude due au stress. Un sanglot secoua ma phrase implorante, tu me fixas, une étrange lueur gigotant dans tes yeux, tes traits parfaits furent soudain tirés en un rictus de dégoût... Pour moi ? Je m'effondrai, incapable de pouvoir supporter tes yeux impassiblement secs me scruter. Tu t'approchas doucement, soulevant d'une paume mon menton baigné de larmes. D'un geste leste, tu essuyas l'eau salée qui s'échappait de mes yeux. Tu me fis me lever, j'obéis en détournant le regard. Tes bras glacés m'enroulèrent, débordant d'amour et de tendresse. Je posai ma tête sur ton épaule lisse et dure alors que tu caressas mes cheveux bruns.
_Ma fille, tu me soufflas en posant ton front sur le mien. Ma fille, je t'aime plus que tout au monde.
Alors pourquoi ? Pourquoi m'avoir laissée seule pendant toutes ces années ? Aucune parole ne sortit de ma bouche, des larmes dévalèrent à nouveau mes joues glacées depuis le contact rassurant de ta main. Quelques sanglots s'échappèrent alors que tu me serrais doucement en une étreinte protectrice. Ta famille me regarda, souriant comme si je n'étais qu'une bête de foire, je fermai les yeux un instant, profitant de ce moment magique.
_Adalia, voici les membres de ma famille.
Tous se redressèrent, heureux d'être évoqués.
_Je te présente Carlisle, mon mari.
Je reçus l'information en hochant la tête, trop intimidée devant la splendeur de cet homme pour protester quand à leur statut de mari et femme.
_Alice et Jasper, nous les avons adoptés. Ainsi que Rosalie et Emmett que nous avons adoptés aussi. Et enfin Edward, adopté de la même façon.
_Enchanté, Adalia.
La voix enchanteresse du bel Adonis résonna dans mon esprit embrumé. Ses cheveux désordonnés en petites mèches châtaigne aux doux reflets bronze manquèrent de me faire tomber à la renverse, ainsi que ses yeux d'or liquide. Sa peau claire ajoutait un air mystérieux à sa beauté sculpturale, rivalisant alors avec tous les Dieux et Apollons ayant existé aussi bien dans la mythologie que dans les rêves les plus fous des jeunes filles songeant à l'homme parfait. L'homme Parfait. Deux mots pour résumer ce que cet Edward m'inspirait.
_Salut Adalia !chantonna une petite brune ressemblant plus à un lutin qu'à un être humain, magnifique jeune femme pétillante au sourire éblouissant.
Alice, si mes souvenirs étaient bons. Un jeune homme aux boucles blondes hocha brièvement la tête, accompagnant son geste d'un petit sourire. Jasper. Une sublime blonde, agrippée au bras d'un garçon ayant des airs d'ours, se leva, se donnant des allures de mannequin sur ses talons phénoménaux. Rosalie et Emmett.
Je répondis d'un geste de la main, salutation idiote. Ta famille, ceux pour qui tu m'avais quittée pendant toutes ces années. Une boule s'installa dans mon estomac, une impression de claustrophobie s'empara de moi, je suffoquai doucement, retenant difficilement les larmes chaudes qui menaçaient.
_Je dois te dire quelque chose, résonna avec une douceur exquise ta voix de velours. Adalia, ma chérie, ma famille et moi ne sommes pas comme vous. Comme tous ceux que tu rencontre aussi bien dans ton lycée que dans la rue. Nous sommes différents.
_Nous préférons te le dire plutôt que tu ne le découvres toi-même, compléta Carlisle en posant une main sur mon épaule.
_Je vous écoute, murmurai-je.
Et pourtant, mon souhait premier était que tout rentre dans l'ordre, que tous ces gens n'existent pas, qu'ils ne forment pas ta famille, que je sois avec toi. Et papa. D'une façon assez égoïste, je voulais t'avoir pour moi toute seule. Que ton mari s'en aille de tes pensées et que tous tes enfants s'envolent de ton c½ur. Je voulais que tu m'aimes comme jamais tu n'avais aimé, me protégeant sans cesse, comme j'en avais tant eu besoin ces treize années passées. Je voulais être ta fille. Seule et unique progéniture qui meublait ta vie. Que l'on soit toutes les deux pour l'éternité.
_Depuis toujours, commença Carlisle, certaines créatures existent. Aussi bien maléfiques que bénéfiques. Sur notre Terre, vit le pire prédateur que le monde ait connu. Il possède un pouvoir qui diffère selon l'individu.
Où voulait-il donc en venir ? Je fronçais légèrement les sourcils, j'avais passé l'âge de croire en pareilles sottises.
_Nous les appelons Vampires.
Je me levai avec brusquerie, jamais on ne m'avait fait enduré cela. Me mentir, m'amadouer, jouer avec moi. Je croisai alors le regard de cet homme si beau, mon champ de vision se brouilla, se focalisant sur son visage angélique. Mon c½ur tambourina ma poitrine avec une force douloureuse, je clignai difficilement les paupières, désirant faire cesser cette mascarade. Lui, un vampire ? Où étaient ses crocs, le sang luisant au coin de sa bouche, ses yeux effrayant, sa longue cape ? Tout cela n'était que machination, une mauvaise blague. Il s'approcha de moi, mon souffle se coupa automatiquement. Ses doigts fins et glacés vinrent alors se poser sur mes joues, dansant jusqu'aux coins de mes lèvres.
Sa peau blafarde, dure et froide comme de la glace me grisait. Etait-ce cela, le coup de foudre ? Un léger sourire se dessina sur ses lèvres parfaites, faisant vaciller mon c½ur fragilisé. Il s'approcha, son souffle balaya mon front. Je fermai les yeux, je sentis son haleine sur ma peau.
Ses lèvres entrèrent en contact avec les miennes, s'entrouvrant. Mon c½ur explosa de mille éclairs, le chant des oiseaux s'intensifia, mon c½ur battant plus fort que jamais. Il se détacha de moi, le regard passionné.
_Adalia, prononça-t-il dans un souffle. Nous sommes des vampires. Rien de pourra changer, je te prie de me croire. Notre physique est créé pour séduire les humains. Une fois assez près, nous nous abreuvons de leur sang, délice adulé par notre espèce.
Ma respiration s'accéléra. Vampire. Vampire. C'était idiot, totalement débile. Son regard implorant me transperça. Lorsque je regardai autour de nous, plus personne n'était présent.
_Où sont...
_Notre vitesse est inégalable, me coupa Edward. Notre force bat toutes les créatures de la Terre. Enfuis-toi, Adalia, jamais je ne pourrai me résoudre à rester auprès de toi.
Des larmes menacèrent. Il me rejetait. Je baissai les yeux alors qu'il me prit le bras. Le vent fouetta mes cheveux, l'air boisé chatouilla mes narines. J'ouvris les paupières, Edward se tenait devant moi, étincelant de mille diamants. Je m'approchai, touchant sa peau extraordinaire. Il disparut dans un éclair. Surprise, je le cherchai du regard, le bel Adonis réapparut à la lisière de la forêt, un air féroce déformant ses traits paisibles. Ses mains arrachèrent avec une facilité incroyable un arbre centenaire, le réduisant ensuite en miettes. Je me reculai alors, ébahie.
Un éclair de tristesse habita le visage angélique du bel Apollon, il s'approcha de moi, hésitant.
_Est-ce que tu as peur ?murmura-t-il
Je secouai le menton. Non, jamais je n'aurai peur de celui qui faisait battre mon c½ur. Je posai ma tête sur son torse, me sentant revivre. J'étais vulnérable, j'en étais consciente, mais lorsque ses bras de pierre formèrent un barrage autour de moi, je me sentis d'une force incroyable.
Depuis ce jour et à jamais, je partage ma vie avec toi, Maman. Carlisle, Alice, Jasper, Rosalie et Emmett sont ma famille. Edward, l'homme de ma vie.
Merci, je t'aime.
FIN
Notre
Avis :
Julie : Beau texte ! J'aime bien !
Ivène : J'aime beaucoup ! Le thème est bien trouvé !
La
Note :
Sur une note de 15 points, nous te donnons 12 !
Maintenant, c'est à vous de la noter sur 5 points !